Lifestyle

Lavomatic zone

16 janvier 2018

Se sentir à sa place, n’est jamais chose facile mais en grandissant j’ai l’impression qu’on arrive à être à l’aise avec les rencontres/lieux nouveaux, les surprises (bonnes ou mauvaises). À force de vivre des situations cocasses, on apprend à maitriser ses propres comportements comme 1- Rire à une (mauvaise) blague de son patron 2- Ecouter les histoires gênantes de la caissière en étant à la fois perplexe et compatissante 3- Discuter d’une émission télé avec Tata Françoise alors que l’on ne regarde plus que Netflix.

L’âge à cela de surprenant que plus grand chose nous surprend. À défaut de vivre comme un enfant émerveillé et curieux de tout, l’adulte suit le rail emmitouflé dans un bon plaid polaire, tout doux tout chaud. Mais si on en abuse, le plaid polaire peut se révéler un peu étouffant, on transpire vite dedans !

Pour vivre comme un enfant, la piste que j’ai trouvé c’est d’être un adulte qui se fait violence afin de sortir parfois de ma zone de confort (= le plaid) pour trouver une zone d’inconfort temporaire. Cela ne veut pas dire « Faire que des choses que je déteste » mais plutôt me mettre en danger dans des domaines que j’aime. 

Moi, ma zone de confort et de plaisir c’est la photo ! Cela fait déjà deux/trois mois que je prends un plaisir fou à explorer mon théâtre intérieur afin de trouver des personnages qui me correspondent pour vous les faire découvrir en photo. Depuis des semaines, j’ai l’idée d’un shooting dans un lavomatic. Le look, le bon timing et le lavomatic de mes rêves trouvés, mon homme-photographe et moi partons confiant. À priori, on ne sortira pas trop de notre zone de confort aujourd’hui. Le hic c’est que le lavomatic de mes rêves n’était pas que le mien.

Le Jour J venu, j’ai trouvé des gens particulièrement bien installés à l’intérieur. Magazines, sodas… Bref, avant d’être rentrée, j’étais déjà partie !

Je me suis rabattue sur le second choix qui avait l’avantage d’être vide. Mon homme et moi commençons donc tranquillement notre shooting ! Mais nous sentons vite qu’ici, il règne une atmosphère particulière. Ici, c’est un lieu où l’on se sent déstabilisé, étranger. Il n’y habite personne mais on y ressent le passage, la vie, les habitudes de chacun. Ici, les voitures et les grues qui se reflètent dans la vitre sont les voisins curieux et privilégiés d’un ballet improvisé. À l’intérieur, des machines tournent sans personne. Pour le moment.

J’ai vécu dans ce lavomatic une étrange après-midi. Ma propre ville m’est apparue sous un nouveau jour. Là où les gens se croisent sans se regarder mais où chacun sait. Un squat pour les uns, un bout de maison perdue pour les autres.

Notre solitude a été très vite interrompue mais, à ma grande surprise, chacun vaquait à ses occupations, sans vraiment être choqué par notre séance photo. D’un coté, un couple avec deux chiens. L’homme attend sur le banc avec ses bêtes, la femme s’occupe du linge. Une autre femme seule passe rapidement récupérer son linge humide dans un sèche linge. Plus tard, des hommes seuls font des aller-retours, guettant la fin du cycle. Enfin un homme en moto vient récupérer la recette de la journée.

Ce jour là, nous n’étions pas vraiment dans notre zone de confort. Mon théâtre intérieur a cette fois-ci été perturbé, non pas par le froid (comme à Vizzavona), ou par l’obscurité et les moustiques (comme le shooting en bord de mer) mais par les âmes qui peuplent ce lieu urbain. Mais au milieu de toutes ces personnes et ces bêtes, je me suis rappelée qu’au théâtre, on nous apprend à ne pas dire « NON »  lors d’une improvisation, pour ne pas fermer les portes et bloquer l’action. Cet après-midi là justement, j’ai décidé de ne pas refuser ce qui se passait autour de moi, mais plutôt de l’accueillir et de m’en nourrir. D’être dans la surprise de l’action quand un chien vient me lécher la main ou quand une personne passe devant l’objectif. Je ne les ignore pas NON, je profite de ce qu’ils m’offrent. D’ailleurs en fin d’article, je vous ai glissé les deux photos qui illustrent ce propos ;).

Nous sommes repartis un peu changé de cet endroit. Heureux d’avoir été spectateurs (et un peu acteur) de cette jolie pièce de théâtre qu’est la vie banale. Mais surtout étonnés d’apprendre, que notre zone d’inconfort du jour, a été plus stimulante et surprenante que ce que nous avions prévu !

Petite nouveauté, je me suis dit que ça serait intéressant de vous montrer en vidéo l’ambiance de ce lieu, en quelques secondes…

Et toi, à quelle occasion arpentes-tu ta zone d’inconfort ?

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